Guide épistémologique

Le guide épistémologique a avant tout trois objectifs principaux :

*Le premier objectif, c’est de faire prendre conscience au lecteur du caractère très
volatile de la définition de la connaissance. La connaissance a beau être une notion
fondamentale, et elle a beau être un concept capable de transcender tous les autres
domaines d’étude existant, la connaissance est un socle fragile que l’on n’est pas en
mesure de définir de manière définitive. Il existe toutes sortes de points de vue et de
questions qui conditionnent notre compréhension de la connaissance, et donc qui
conditionnent la qualités de nos connaissances en général. Cette difficulté à résoudre
des questions aussi basiques que « qu’est-ce que connaître », « qu’est-ce que la
vérité » ou encore « comment justifier une pensée » sera abordée dans la première
partie de ce guide épistémologique, qui traitera des grands problèmes de
l’épistémologie, le domaine de la philosophie consacré à l’étude de la connaissance en
tant que telle. Au passage, les leçons que le lecteur pourra tirer de cette partie lui
permettront aussi de saisir certaines difficultés liées à la recherche de vérités
universelles et de propositions métaphysiques définitives. L’épistémologie s’interface
d’ailleurs avec l’ontologie, un domaine de la métaphysique consacré à l’être en tant
qu’être, et les deux disciplines s’inscrivent dans une volonté commune de tenter de
résoudre les questions les plus « importantes » qui soient sur la nature du monde réel
et sur la capacité personnelle à pouvoir le saisir, à travers justement la connaissance et
la vérité. En clair, on essaye d’identifier quelles connaissances pourraient être les plus
fondamentales, celles qui s’appliqueraient à tous les domaines d’études et
subordonnent toutes les autres connaissances, même si cette identification est
purement spéculative et peut être même vaine.

*Le second objectif, c’est de véhiculer au lecteur les rudiments de l’esprit critique et
de la méthodologie scientifique. En effet, il existe de nombreuses approches pour créer
de nouvelles connaissances, ou connaissances potentielles, et il est aussi très facile
d’accorder trop de confiance en certaines d’entre elles, alors qu’elles ne sont pas
nécessairement éprouvées (intuition, conviction intime, perceptions, expérience à la
va vite…). L’idée de la seconde partie de ce guide épistémologique est donc de faire
prendre conscience au lecteur à la fois de la nature fondamentalement incertaine de
la totalité des « connaissances » que nous avons accumulé jusqu’ici, mais aussi et
surtout de l’importance considérable de la méthode quand il s’agit d’augmenter les
chances de trouver des réponses plausibles à toute sorte de questions, quel que soit le
domaine d’étude. En particulier, cette seconde partie s’attardera surtout sur la
méthode scientifique puisqu’il s’agit à l’heure actuelle de la méthodologie la plus
aboutie jamais inventée par l’être humain pour résoudre des énigmes sur le cosmos.
Cette partie a pour but de rendre visible les failles du raisonnement humain ainsi que
celles de l’expérience sensible, et de montrer les méthodes inventées pour y remédier au moins en partie. La vulgarisation de la méthode scientifique sert à la fois un but
pragmatique (dans la vie de tous les jours et au travail, notamment face à une actualité,
un enseignement ou encore une parole d’autrui, surtout dans un monde où les fausses
informations et les arguments fallacieux circulent de plus en plus facilement), et à la
fois un but plus général, à savoir celui de faciliter la compréhension des Sciences. Il
s’agit donc de prendre de bonnes habitudes de pensée et de prendre de la hauteur sur
les connaissances -potentiellement ou non- scientifiques préexistantes.
L’épistémologie et la philosophie des Sciences sont mobilisées pour cette partie.

*Le troisième objectif, c’est de militer en faveur de la création d’un grand projet de
mémoire épistémique, c’est-à-dire d’un projet en mesure de préserver sur la durée le
plus grand nombre possible de nos connaissances ainsi que toute information ou tout
item éphémère en mesure d’aider à la connaissance d’un domaine particulier. En effet,
si le monde est régi par toute sorte de phénomènes temporaires et uniques en leur
genre, nos connaissances établies sur ces phénomènes sont-elles mêmes très
vulnérables, face à toutes sorte de risques naturels ou artificiels. Les approches dans
la préservation des connaissances devraient ainsi gagner en ambition, afin de garantir
que le plus possible de nos connaissances échappe à la destruction, volontaire ou non.
Cette nécessité de multiplier les initiatives pour une préservation globale, durable et
plus ou moins accessible de la somme des connaissances, c’est l’objet de la troisième
partie de ce guide épistémologique, qui va donc se focaliser sur ce qu’est une mémoire
épistémique et sur les motivations autour d’un tel projet. Cette partie va donc évoquer
les multiples dangers encourus par la connaissance, ainsi que par le patrimoine associé,
les multiples difficultés rencontrées dans la préservation à grande échelle, ou encore
les aspects symboliques derrière le défi de créer l’ultime trace de passage de notre
civilisation et notre espèce dans l’Univers, dont nous sommes finalement les meilleurs
biographes.

Note de l’auteur: ce document est la toute première version publiée d’un guide épistémologique, datant du 21 Décembre 2024. Il est possible que de nouvelles versions plus abouties de ce document apparaissent au fil des années. Le prochain projet prévu est celui d’un wikia futorologique.

Laisser un commentaire