Les arches de connaissance – BONUS

Bibliothèque Universelle

Nous sommes en 2045, et cela fait déjà 5 ans que l’index international du patrimoine (IIP) a été créé par l’UNESCO. La majorité des pays membres de l’ONU emploie ce système de codification standardisé pour faciliter la traçabilité de leur patrimoine présent sur un territoire donné. En région Parisienne, l’UNESCO dispose d’un bureau dédié spécifiquement à l’entretien d’une base de données gigantesque contenant l’intégralité des codes attribués au moindre item identifié dans le monde (page Web, document sonore, manuscrit, film, objet, realia, site archéologique, bâtiment…) par les institutions patrimoniales publiques, et éventuellement, privées. Cette base de données « universelle » stocke également Les métadonnées associées à ces items -quelque soit leur nature- et occasionnellement, si l’item est libre de droit, une copie numérique de l’item est également jointe. Jusqu’ici, cette base de données a servi essentiellement à aider les divers organismes dédiés à la préservation dans le recensement du patrimoine, ainsi que dans la classification de celui-ci (en termes de rareté ou d’importance historique notamment) afin d’identifier les items prioritaires à la numérisation. Cependant, suite à la convention de Florence de 2045, la quasi-intégralité des nations du monde a décidé de passer à la vitesse supérieure. Grâce à un cadre légal adapté et aux dernières innovations en termes de stockage d’information, une nouvelle base de données a été inaugurée vers Genève, la bien nommée Bibliothèque Universelle. La Bibliothèque Universelle consiste, ni plus ni moins, en une sorte de serveur informatique capable de stocker l’intégralité des copies numériques des items ayant fait l’objet d’une telle numérisation ainsi que d’un suivi minutieux à travers le monde. Longtemps, il n’était pas possible de réaliser une véritable bibliothèque mondiale capable stocker l’ensemble de la littérature mondiale en un seul lieu, malgré tous les efforts des Anciens à Alexandrie ou à Pergame. Mais maintenant qu’il est techniquement faisable de le faire grâce au numérique et au stockage d’information au niveau moléculaire, le rêve d’une bibliothèque véritablement universelle est en train de devenir réalité. En prime, cette bibliothèque permet aussi de sauvegarder le contenu des musées ainsi que toute sorte d’items immatériels ou inamovibles, et pas uniquement les formats écrits traditionnels. Il est à noter qu’afin de garantir une préservation à très long terme et qu’afin de ne pas entrer en conflit avec les différentes juridictions en matière de droit d’auteurs et de conservation du patrimoine, la Bibliothèque Universelle n’est pas consultable par le grand public, même en ligne. Il ne s’agit vraiment que d’un entrepôt de la dernière chance pour la culture mondiale, dans le même esprit que la Réserve Mondiale de Svalbard pour l’agriculture, et pas d’une bibliothèque ou même d’une archive au sens premier du terme. Par ailleurs, il ne s’agit en Réalité pas d’un seul endroit mais de 4, puisque le contenu de la Bibliothèque Universelle est réparti entre la Suisse, le Costa Rica, la Mongolie et le Turkménistan, selon les affinités des différents pays participant au projet. Cependant la succursale de Genève est celle qui supervise toute les autres, et pourrait à terme finir par centraliser l’ensemble du contenu des autres bibliothèques, à la faveur d’un climat géopolitique plus favorable.

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