Human Blackbox Project (HBP)
2037, alors que les premiers datacenters employant de l’ADN pour stocker l’information commencent à voir le jour, certaines bibliothèques publiques à travers le monde y voient l’opportunité de procéder à une nouvelle numérisation massive de leur contenu, sans devoir passer par un tiers pour le stockage de données. En effet, puisque l’ADN permet de stocker une quantité gigantesque d’information sur un volume très léger, il n’est plus nécessaire d’avoir recours à des serveurs volumineux et gourmands en énergie, et il est soudainement beaucoup plus simple pour une bibliothèque publique de gérer ses copies numériques au sein de leurs propres locaux. Cependant, les bibliothèques ne sont plus les seules à accélérer la numérisation de leur contenu : elles sont très vite rejointes par des musées importants tels que le Louvre, le MOMA ou encore le Grand Musée Egyptien. Cet élan dans la création de « backups » pour les institutions patrimoniales est entretenu notamment par l’apparition de certaines entreprises qui, non contente d’être à la pointe dans les nouvelles technologies de stockage d’information, proposent désormais des prestations en matière de numérisation pour des institutions patrimoniales du monde entier, ainsi qu’à diverses entreprises et associations qui souhaitent conserver leurs archives numérisées en mains propres. Si l’on ajoute à cela l’engouement récent pour les capsules temporelles et les arches de connaissances, de nombreuses entreprises et institutions patrimoniales à travers le monde vont vite s’associer et former un réseau d’acteurs ayant un seul objectif : assurer une préservation à long terme du patrimoine intellectuel du monde entier. Ce réseau formera donc ce qu’on appelle le « Human Blackbox Project » (HBP), dont les divers membres se sont fixés pour objectif de numériser l’intégralité de leur patrimoine d’ici à 2050, et d’avoir recours aux dernières solutions de stockage d’information de masse pour ce faire. Dès le début du projet, des formes de « jumelages » voient le jour, c’est-à-dire des associations privilégiées entre certains membres du projet, dans lesquelles l’un des membres se porte garant pour l’autre : l’idée étant qu’en cas de destruction d’une archive, un duplicata numérique de cette archive existe à l’extérieur, chez une institution jumelée garante donc. En parallèle, certains pays et l’UNESCO vont commencer à suivre de projet le projet HBP et apporter une partie des investissements nécessaires. Si des disparités dans la préservation existent dans un premier temps entre pays développés et pays en voie de développement, l’UNESCO espère qu’elles seront en grande partie résorbée d’ici au milieu du siècle. Désormais, le patrimoine ne consiste plus seulement en une collection de collection d’items dispersés sur Terre, comme c’était le cas jusqu’ici, mais également en une collection de petits supports de données, chacun d’entre eux étant équivalent à un musée ou à une bibliothèque entière.
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